Pourquoi je parle de narration quand je parle de code
2026-01-25
Je parle souvent de narration quand je parle de développement.
Ce n’est pas une métaphore marketing.
Ce n’est pas non plus une manière d’enjoliver le code ✨
C’est simplement le mot le plus juste que j’ai trouvé pour décrire ce que j’essaie de construire.
Les outils racontent toujours quelque chose
Un logiciel n’est jamais neutre.
Une interface propose un chemin.
Un formulaire impose un rythme.
Un bouton suggère une action.
Même sans texte,
un outil raconte déjà une histoire 🧩
Il dit :
- ce qui est important
- ce qui est secondaire
- ce qui est possible
- ce qui ne l’est pas
En ce sens, chaque application est déjà un récit implicite.
Narration ne veut pas dire fiction
Quand je parle de narration,
je ne parle pas d’inventer des histoires.
Je parle de donner une forme lisible à une expérience réelle.
Un utilisateur ne “clique” pas.
Il avance.
Il hésite.
Il revient en arrière.
Il apprend.
Une bonne application ne se contente pas de fonctionner.
Elle accompagne.
Elle structure une progression.
Elle aide à comprendre où l’on est, et ce qui vient ensuite ⏳
J’ai grandi avec les grandes sagas
J’ai grandi avec les grandes sagas du cinéma et de la littérature.
Des univers où l’on avance par chapitres,
où chaque étape transforme le personnage,
où la progression compte autant que la destination 🌌
Mais avant même les grandes franchises,
il y a eu Disney.
Les films de mon enfance n’étaient pas seulement des divertissements.
Ils racontaient des trajectoires claires :
un départ, une épreuve, une transformation, une mémoire.
Chez Disney, le récit est toujours lisible.
Les intentions sont claires.
Chaque détail sert l’histoire.
Walt Disney résumait cette exigence ainsi :
“There is no magic in magic, it’s all in the details.”
— Walt Disney
Cette phrase m’a toujours marqué.
Parce qu’elle pourrait tout aussi bien s’appliquer
au développement logiciel.
Il n’y a pas de magie dans une application.
Il n’y a que des choix.
Des détails.
Et la manière dont ils s’enchaînent.
Du récit aux systèmes
Avec le temps,
j’ai retrouvé ces structures narratives dans le code.
Dans les parcours utilisateurs.
Dans les systèmes de permissions.
Dans la manière dont une application accompagne quelqu’un sur la durée.
Ce ne sont pas des écrans isolés.
Ce sont des étapes.
Un bon système ne se contente pas d’exécuter.
Il raconte une progression.
Concevoir des systèmes narratifs
C’est pour cela que je conçois mes projets
comme des systèmes narratifs.
Avec :
- des chapitres plutôt que des écrans
- des progressions plutôt que des listes de tâches
- une mémoire plutôt qu’un simple historique
La narration devient alors un outil de conception.
Elle aide à structurer le code,
à clarifier les choix,
et à penser l’expérience dans le temps long 🧭
Pourquoi ça compte pour moi
Parce que je crois que la technologie façonne nos comportements.
Et qu’à ce titre,
elle mérite d’être conçue avec attention.
Parler de narration,
c’est refuser de réduire le développement
à une accumulation de fonctionnalités.
C’est accepter que ce que l’on construit
laisse une empreinte.
Une première trace
Ce carnet est une première tentative.
Un endroit pour poser ces idées,
les relier à mes projets,
et garder une trace ✍️
La suite s’écrira par chapitres.
Fin du carnet.